Journée des femmes : construisons un avenir en commun, par Alain Dolium
Par Yannick Temporal le jeudi, 11 mars 2010, 08:00 - Politique régionale - Lien permanent
J’évolue sans cesse pour trouver le ton juste en tant qu’homme, au sein de ma famille et de la société. Je dois maintenant comprendre comment mon action va vous influencer, chères citoyennes.
Épanouissement choisi
Le rôle du politique est de respecter les citoyennes et permettre leur épanouissement harmonieux. Chaque femme, chaque famille a le droit d’avoir son mode de vie, ses raisons et d’en changer en fonction des circonstances et de son histoire personnelle.
Trop souvent la société, les politiques imposent des choix aux femmes “pour leur bien”. Comme si les femmes étaient des enfants incapables de raisonner. Un grand retour en arrière, au nom du progrès, mais quel progrès ?
Les conditions du choix
Humble sur le choix personnel, le politique doit être un conquérant sur les conditions de ce choix. Une femme n’a vraiment de choix que si les conditions matérielles sont remplies et si elle est vraiment éduquée et informée sur le choix.
Sans place en crèche, un des deux nouveaux parents devra arrêter de travailler, et au vu des habitudes actuelles, c’est la femme qui ne reprendra pas après son congé maternité. Si le vrai choix des femmes aujourd’hui c’était de ne pas avoir à choisir entre vie familiale et accomplissement professionnel ?
Sans éducation très concrète sur la sexualité au collège, ce sont des adolescentes qui seront confrontées à des grossesses non désirées. La suppression en cours de 4.000 postes dans les hôpitaux de l’AP-HP ne leur laissera que peu de choix. Lorsque la santé est sacrifiée, les femmes en sont souvent les premières victimes.
En tant que parent, je sais qu’il me sera délicat d’aborder le sujet de la sexualité ou de la drogue avec mes enfants, mais en tant que politique, je dois m’assurer qu’ils reçoivent une information claire au bon âge. Le choix doit être libre et éclairé : libre des contraintes sociales et matérielles, éclairé par une réelle éducation.
Corsets et brocolis
Autrefois victimes de la dictature du corset, les femmes d’aujourd’hui sont soumises à celle des couches lavables et des purées de brocolis bio. Elles sont rendues seules responsables du sort de la planète et de la prochaine génération !
Ces dictatures sociales ne répondent pas aux désirs des femmes, elles ne répondent pas non plus à leur rythme. Les femmes ont envi d’évoluer en prenant des éléments ça et là, en mariant librement des influences. Rentrer doucement du travail en vélo et faire un jambon purée (pas bio) le soir, sans avoir à se sentir coupable.
Les conventions sociales nous étouffent. La richesse des idées et des cultures sont la solution !
Discrimination sociale
Exigeante sur les devoirs quotidiens des femmes, la société l’est beaucoup moins sur l’application de leur droit à l’égalité.
L’inégalité vient du regard de l’autre. Si dans ses yeux vous n’en êtes pas capable, il vous sera très compliqué de rattraper ce handicap. Si un employeur croit qu’une femme avec un enfant ne peut faire le même travail qu’un homme, il ne l’embauchera pas ou la paiera beaucoup moins. Les femmes gagnent en moyenne 12% de moins qu’un homme à temps plein.
L’inégalité vient aussi des mauvaises habitudes. Pour les cadres, les décisions stratégiques se prennent souvent le soir, dans des réunions tardives. Si vous êtes une femme, vous devez faire le choix entre avoir un avenir professionnel ou avoir une vie de famille.
L’inégalité vient enfin des stéréotypes. Les femmes sont éduquées dans le mythe de la princesse. Mignon peut-être, mais la princesse est sous l’autorité de son père, dépendante du bon vouloir d’un prince, et enfin princesse, c’est pas un métier ! Donc à user avec modération la robe de princesse.
Le résultat de tout cela, et malgré de très jolies lois sur l’égalité, c’est que ce sont souvent des femmes célibataires qui triment avec 3 euros par jour pour vivre et faire vivre leurs enfants (une fois les dépenses vitales payées). Cette situation est le quotidien de beaucoup de franciliennes.
Il n’y a pas de liberté possible avec 3 euros par jour. Pas d’égalité dans cette situation qui touche surtout les femmes. Et nous manquons cruellement de fraternité pour combattre ces inégalités.
Une femme présidente ?
Et pendant ce temps là, des lois qui renforcent les inégalités au plus haut niveau sont votées dans l’indifférence générale.
Les conseils régionaux sont très féminisés : 47.6%. Équilibre dû à une forte implication des femmes dans la vie quotidienne des régions, mais aussi à la loi sur la parité et au mode de scrutin. Le nouveau mode qui va bientôt entrer en vigueur va largement faire baisser cette proportion, malgré la loi sur la parité. Les conseils régionaux étant des viviers de la vie politique de demain, nous ne sommes pas près de voir augmenter le nombre de femmes députées (107 sur 577) ou d’avoir une femme présidente de la République !
De l’oxygène pour les franciliennes
Élu au Conseil Régional, ma priorité sera de combler ces inégalités, de faire exploser ces blocages qui limitent notre avenir en commun.
Par des mesures concrètes d’urgence, comme la défense des emplois de l’AP-HP et la création de 15.000 places en crèche en co-financement à 75% avec les collectivités locales (aujourd’hui : 1 place en crèche pour 5 enfants seulement).
Par une lutte pour l’égalité des chances avec la création d’un “Passeport Découverte”, pour que les lycéennes prennent en main leur avenir. Nos jeunes recevront une information et une orientation adaptées à leur tranche d’âge.
Nous pouvons être fiers des valeurs de notre pays, mais il faut maintenant être conquérant sur la mise en application de ces droits. Hommes et femmes sont complémentaires, ils doivent devenir égaux dans les faits. Notre société ne pourra avancer tant qu’elle sera divisée.
Alain Dolium
tête de liste du Mouvement Démocrate pour l’élection régionale en Ile-de-France des 14 et 21 mars 2010

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